Électrification, énergies renouvelables, transports propres, rénovation énergétique des bâtiments… Les Green Bonds, ou obligations vertes, permettent de financer des projets liés à la transition écologique. Mais derrière cette appellation, la réalité de l’impact peut être très différente. Comment apprécier leur véritable contribution environnementale ?
Explications de Guillaume Checri, analyste ESG obligations durables chez Ofi Invest Asset Management.
Une obligation comme les autres… ou presque
Comme une obligation classique, un Green Bond peut être émis par une entreprise, un État, une collectivité ou une entité supranationale et affiche des caractéristiques financières similaires.
Sa particularité réside dans l’utilisation des fonds levés. Ceux-ci sont destinés à des projets environnementaux identifiés, comme la construction de parcs éoliens, la rénovation thermique de bâtiments ou le développement de transports moins émetteurs.
Les Green Bonds appartiennent à la famille des obligations durables, aux côtés des Social Bonds, consacrés à des projets sociaux, et des Sustainability Bonds, qui combinent projets environnementaux et sociaux.
Tous les projets verts ne se valent pas
L’hydrogène en est un exemple : s’il est produit à partir d’électricité renouvelable, il peut contribuer à la décarbonation, mais issu de sources fossiles, son impact environnemental est nettement moins favorable. Pour la bioénergie, il s’agit de vérifier que le sourcing n’épuise pas les puits de carbone, etc. De même, ces projets doivent s’inscrire de manière cohérente dans une stratégie de transition plus globale de l’émetteur.
C’est pourquoi l’analyse d’un Green Bond repose sur deux dimensions complémentaires :
- D’abord, l’émetteur : ses pratiques environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) et ses éventuelles controverses.
- Ensuite, l’obligation elle-même : la nature des projets financés et leur alignement aux standards et critères environnementaux retenus.
Cette approche permet d’évaluer une obligation verte sans faire abstraction des pratiques de l’entreprise qui l’émet.
Des règles pour encadrer le marché
Le marché des Green Bonds s’appuie principalement sur les Green Bond Principles de l’International Capital Market Association (ICMA). Ce référentiel volontaire fixe quatre grands principes concernant l’utilisation des fonds, l’évaluation et la sélection des projets, la gestion des fonds et le reporting.
Avant l’émission, l’émetteur présente une liste de catégories de projets qu’il pourrait financer par Green Bond et les critères d’éligibilité retenus, mais également la gouvernance mise en place et ses engagements en matière d’indicateurs à suivre. Une évaluation externe peut compléter cette démarche.
Après l’émission, des rapports permettent de suivre l’affectation des fonds et les bénéfices environnementaux associés aux projets, généralement un an après l’émission puis annuellement.
L’Union européenne a également créé son propre standard : l’European Green Bond Standard, applicable depuis 2025. Les émetteurs qui choisissent cette appellation doivent notamment respecter des exigences d’alignement des projets financés avec la taxonomie européenne, qui définit des critères précis de durabilité environnementale, ainsi que des obligations renforcées de transparence et de vérification externe (cette dernière étant elle-même soumise à la supervision de l’ESMA).
Les deux cadres coexistent : un Green Bond peut suivre les principes de l’ICMA sans adopter le standard européen ou s’aligner aux deux standards à la fois.
L’analyse à l’épreuve du terrain
Les informations ne sont pas toujours faciles à obtenir : les fournisseurs de données spécialisés n’ont pas nécessairement analysé les émissions récentes (c’est notamment le cas des émissions primaires), tandis que les documents publiés par les émetteurs à l’occasion d’une émission verte peuvent manquer de précision et de transparence.
De même, les référentiels sur lesquels se basent les analystes ne fournissent pas toujours de réponse tranchée. Certaines activités nécessitent une appréciation qualitative et une interprétation des critères affichés.
Même avec des règles communes, le travail de l’analyste reste donc essentiel pour apprécier la crédibilité environnementale d’un Green Bond.
INFORMATION IMPORTANTE
Article rédigé le 14 octobre 2026
Cette communication publicitaire est publiée par Ofi Invest, Société Anonyme à Conseil d’Administration au capital de 920 962,59 euros, immatriculée au Registre du Commerce et des Sociétés de Nanterre sous le numéro 412 563 058 dont le siège social est situé au 127-129 quai du Président Roosevelt, 92 130 Issy-Les-Moulineaux. Elle est susceptible de contenir des éléments d’information et des données chiffrées qu’Ofi Invest considère comme fondés ou exacts au jour de leur établissement. Pour ceux de ces éléments qui proviennent de sources d’information publiques, leur exactitude ne saurait être garantie.
Cette communication publicitaire est établie à titre d’information pédagogique et ne donne aucune assurance quant à l’adéquation des produits ou services qui seraient présentés dans ce cadre à la situation financière, fiscale et patrimoniale, au profil de risque, à l’expérience ou aux objectifs de l’investisseur ; elle ne constitue en conséquence pas une recommandation, un conseil ou une offre d’acheter les produits financiers qui y seraient mentionnés.
Ofi Invest décline toute responsabilité quant à d’éventuels dommages ou pertes résultant de l’utilisation en tout ou partie des éléments y figurant, étant rappelé que les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Avant d’investir, il est fortement conseillé à tout investisseur, de procéder, sans se fonder exclusivement sur les informations fournies dans cette communication publicitaire, à l’analyse de sa situation personnelle ainsi qu’à l’analyse des avantages et des risques afin de déterminer le montant qu’il est raisonnable d’investir.






